De nouvelles extensions toujours plus près de chez vous

La libéralisation des extensions décidée par l’Icann en juin 2008 a fait naître plusieurs dizaines de projets de nouvelles extensions « locales ». Dédiés à une région ou même à une ville, les noms de domaine vont-ils tendre à une balkanisation totale de l’espace de nommage ?

Les enfants du .CAT catalan

Ouvert en février 2006, l’extension générique .CAT réservée à la communauté catalane a éveillé de multiples ambitions dans le monde entier. En acceptant ce dossier, l’Icann a ouvert une boite de Pandore qui ne risque pas de se refermer. De plus, le .CAT est un succès ! Plus de 30 000 noms de domaine enregistrés, mais surtout un contenu exclusivement en langue catalane. Une vraie valeur ajoutée et une fierté pour toute la communauté.

Enjeux politiques

Les dizaines de projets qui éclosent un peu partout respectent souvent les mêmes règles. Un dossier porté par des politiques (ex : le .VAUD pour le canton suisse) ou par des associations régionales proactives. Suit une pétition en ligne pour mesurer l’engouement (plus de 20 000 signatures pour le .BZH). Enfin, un financement mi-public mi-privé est sollicité auprès des conseils régionaux et des grandes sociétés locales.

Les enjeux de ces extensions sont bien sûr culturels mais aussi politiques. Le lancement d’un .FLANDRE n’est pas anodin dans le contexte belge (lire notre article à ce sujet). De nombreux dossiers émergent des pays où les régions ont un fort pouvoir d’autonomie. L’Espagne prévoit ainsi un .GAL pour la Galice et un .LLI pour le Léon Espagnol.

De nouvelles extensions « logiques » pourraient voir le jour. L’Ecosse (.SCO) ou le Pays de Galles (.CYM) demandent leurs propres noms de domaine. Quoi de plus normal pour ces nations ? Si elles ne sont pas déjà créées, c’est qu’elles ne font pas partie de la liste ISO 3166-1 sur laquelle est basée la création des ccTLDs. A contrario, le .RE réunionnais ou le .GP guadeloupéen existent car elles sont présentes sur cette liste.

Des recherches toujours plus locales

La multiplication d’extensions régionales ou dédiées à des villes (CityTLD) a aussi une logique économique. 40 % des recherches sur Internet ont un caractère local. Le titulaire du nom de domaine cinema.paris risque d’être bien positionné suite à la requête « cinema paris » sur un moteur de recherche.
Les sociétés présentes dans plusieurs régions et villes risquent de ne pas pouvoir se passer de la réservation de leurs marques dans ces nouvelles extensions locales. Ou comment être toujours plus près de vos clients…

Pour en savoir plus :
Lire nos articles sur les extensions régionales
Lire nos articles sur les CityTLD