Clôture des dossiers sunrise .eu fin décembre 2006

L’Eurid vient d’annoncer que le mercredi 27 décembre 2006 serait le dernier jour de déblocage de noms de domaine en .eu, soumis en période « sunrise », ayant été refusés ou n’ayant pas reçus les documents justificatifs. Un an après l’ouverture de ses dossiers prioritaires, le bout du tunnel apparaît enfin. L’occasion de faire un premier bilan, guère reluisant.

Revenons quelques mois en arrière en nous mettant dans la peau d’un titulaire de marque française qui souhaite enregistrer son .eu.

Chronique noire de l’extension européenne

Submergé d’informations diverses et contradictoires depuis 2000, il pré enregistre enfin son nom de domaine chez un « registrar » accrédité dès l’été 2005 et débourse une centaine d’euros. Sa demande ne sera pourtant soumise que le 7 décembre 2005, date officielle de lancement de la première « sunrise » réservée aux titulaires de marques.

Manque de chance, le 7/12/05, sa demande est devancée de quelques secondes par un homonyme allemand. Fin du rêve européen…

Chanceux, la demande allemande est rejetée par l’agent de validation PWC en février 2006. Le français exulte, son dossier passe en première position… Sauf que l’allemand fait appel de cette décision en assignant l’Eurid lors d’une ADR (Alternative Dispute Résolution).

Nouvelle déception, avant que le panéliste confirme le rejet de la demande allemande finalement infondée. Ragaillardi, notre internaute sera encore plus déçu quand sa propre demande sera elle aussi rejetée au printemps 2006. Il avait soumis sa demande sous l’acronyme de sa société et non sur le sigle développé titulaire de la marque.

Un an après ses premières démarches, il ne préfère pas contester cette décision en lançant une ADR ; « claquer 2 000 euros, sans être sur de récupérer mon .eu, pas question. Déjà, un an que je poiraute ! ». Raillé par ses confrères qui ont obtenu leurs .eu, pour moins de 20 euros, le 7 avril 2006, sans aucun droit antérieur, il est dégoûté de l’extension européenne.

Dernier recours, faire une nouvelle demande lors du déblocage du .eu en question, un mardi de juin 2006, chez un nouveau prestataire (« plus questions de passer par celui qui n’a pas su me positionner en numéro un ! »).

Cruelle désillusion, son .eu est enregistré par un tiers, une société chypriote Ovidio Limited… Insultes pour le nouveau prestataire ; « vous êtes tous incompétents ! ».

Le registrar explique qu’il n’a qu’une obligation de moyens et qu’Ovidio est un spécialiste de la récupération des noms expirés. Nouvel espoir pour l’internaute, qui apprend que l’Eurid suspend les 74 000 noms d’Ovidio pour ses pratiques douteuses en juillet 2006. Avant de déchanter à nouveau, quand l’Eurid est désavoué par la justice belge en octobre 2006, et doit lever le blocage. Dix huit mois après sa demande initiale, notre internaute est blasé ; « pas question de récupérer à l’amiable mon .eu chez un escroc ». Délesté de quelques centaines d’euros, il se dit que le .eu ne devait pas être fait pour lui…

6 % des .eu enregistrés émanent de dossier « sunrise »

Chronique noire de l’extension européenne, certains lecteurs se retrouveront sûrement en partie dans cette rétrospective.
Au delà de cette histoire ubuesque, les chiffres sont là :
– 346 000 demandes ont été faites durant la « sunrise period » pour 245 000 noms distincts
– 28 % des documents justifiants de droits antérieurs n’ont jamais été retournés
– Une demande sunrise sur trois a été rejetée
– Plus de 500 procédures ADR étaient en cours à la rentrée 2006

Bref, il était temps que les dossiers « sunrise » se terminent. Le 27 décembre 2006, les derniers .eu seront enfin débloqués.

Heureusement, depuis le 7 avril 2006, le .eu s’est ouvert à l’ensemble des européens, sans excès de zèle, ni procédure alambiquée. Conclusion, 2 300 000 .eu enregistrés dont seulement 140 000 durant la « sunrise period ».

Pour en savoir plus :

Lire notre article : L’Eurid contraint de débloquer les 74 000 .eu d’Ovidio

Lire notre article : Quand les panélistes fustigent les « sunrises rules » du .eu

Lire notre article : On vous a refusé votre .eu ? Ne perdez pas espoir

Lire notre article : La plateforme d’enregistrement de l’Eurid indisponible

Lire notre article : L’Eurid bloque 74 000 noms de domaines .eu

Lire notre article : L’Eurid enquête sur 40 000 .eu

Lire notre article : Ovidio s’accapare les .eu débloqués

Lire notre article : Les litiges en .eu proliférent

Lire notre article : L’Eurid change les règles de remise à disposition des .eu