Chantage à l’enregistrement : le cas français

L’arnaque aux noms de domaine n’est pas l’apanage des sociétés anglo-saxonnes. Une société niçoise sévit actuellement auprès de sociétés françaises pour réaliser des « ventes forcées », sous le chantage de dépôts équivalents proches. Un lecteur de MailClub.info nous a transmis la proposition par email de cette société… qui fait froid dans le dos.

Après avoir été relancé deux fois dans le même après-midi par un commercial indélicat, ce dernier a transmis à notre lecteur la proposition suivante…

Une politique éthique !

« Nous avons reçu une demande pour X noms de domaines internet quasi-identiques aux vôtres. Cela peut bien évidemment prêter à confusion pour votre image, selon le futur contenu des ces domaines. Notre politique éthique est de vérifier par principe si la société qui souhaite acquérir ces noms est celle qui possède les noms similaires existants.
Dans le cas contraire nous contactons cette société afin de lui donner la possibilité de ne pas perdre l’exclusivité du nom de domaine. Si elle souhaite la conserver nous la considérons prioritaire
».

La bienveillance de cette société est remarquable ! Elle vérifie chaque demande qu’elle reçoit avant d’enregistrer les noms de domaine, alors que la majorité des procédures d’enregistrement est automatisée. Tout en retrouvant immédiatement le bon interlocuteur de la société prochainement lésée, pour le prévenir des mauvaises intentions de son premier client.

Pression temporelle

Le commercial renchérit que « pour des raisons évidentes de délais, nous ne pourrons conserver ces noms que durant quelques heures. Si l’acquisition de ces noms de domaines vous intéresse, merci de me contacter le plus rapidement ». Ce type d’arnaque repose sur la pression soumise à la société contactée, qui dans le doute, va acheter au prix fort les noms de domaine proposés (dans notre cas, 149 € pour un .fr !). Si il ne le fait pas, les noms de domaine sont dans la majorité des cas jamais réellement enregistrés.

La société niçoise qui réalise ce type d’arnaques ne s’attaque pas uniquement à des marques notoires, mais également à des PME. Plusieurs cas provenant de cette même société nous ont été récemment rapportés ces dernières semaines, avec cette fois-ci une trace écrite. Alors qu’elle commercialise des .fr et des .eu, elle n’est pas « registrar » (bureau officiel d’enregistrement) de l’Afnic, ni de l’Eurid.

On ne peut que conseiller aux victimes de ces tentatives d’arnaques de ne pas succomber à la pression de ce type de société. Une stratégie de nommage efficiente en amont vous permettra également d’éviter de prendre peur devant de soi-disant trous de protection.