Bientôt 300 extensions ?

L’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) lance une large consultation au sujet de la création de nouvelles extensions génériques. Plus d’une soixantaine sont à l’étude ; certaines pertinentes, d’autres beaucoup plus fantaisistes.

Il existe 266 extensions réparties entre 250 ccTLD (Country Code Top Level Domain) et 16 gTLD (Generic Top Level Domain). Ces dernières sont largement dominées par le .com (un nom de domaine sur deux) et sur les autres extensions historiques : .net, .org, puis .info, .biz. Beaucoup plus marginaux en nombre d’enregistrements, on retrouve les .aero, .coop, .edu, .name, .pro, .museum, .cat, .jobs, .travel, .mobi (record d’une nouvelle extension avec 500 000 noms de domaine) et bientôt le .tel et le .asia.

L’intérêt de la création de ces nouvelles extensions apparaît globalement limité. Certaines extensions apportent une réelle valeur ajoutée avec des conditions d’enregistrements strictes qui permettent par exemple à un musée d’avoir uniquement un .museum, une coopérative, un .coop, un site en rapport à la culture catalane, un .cat. Cette identification rigoureuse garantit à l’internaute averti d’éviter les sites frauduleux.

Une sensibilisation plus que nécessaire

Un avantage rapidement réduit à néant si l’on en juge par la méconnaissance des différentes extensions par le grand public. Le .eu, ccTLD de l’Union Européenne, au 7ième rang des extensions mondiales, est quasi ignoré en France. D’après un récent sondage, seul 15 % des français savent comment l’enregistrer…

Pourtant, le GNSO (Generic Names Supporting Organisation) travaille assidument sur la création de nouvelles extensions. Un des principaux objectifs est de gérer la pénurie de .com et d’orienter les sociétés vers des solutions alternatives. Comme autrefois pour le .biz… Ces nouvelles extensions peuvent également offrir un meilleur référencement : le .travel fait le tri parmi les milliards de pages relatives à l’e-tourisme.

Certains concepts ne sont pas dénués d’intérêts. Un .bank ou .safe pour les établissements financiers avec une charte de nommage draconienne éviterait le phishing. Un .berlin permettrait aux sociétés allemandes basées dans cette ville d’avoir leur propre extension face à un .de allemand quasi saturé (11 millions de .de).

A l’image du .asia, des extensions continentales sont suggérées par le GNSO : .afr pour l’Afrique, .pac pour le Pacifique.

Certains projets semblent pourtant faire doublon avec des extensions existantes. A quoi sert le .edu, si on crée des .uni, .univ, .sch, .school voir même des .col, .coll ? Que vaudra un .biz face à un .shop ou un .sell ?

Quelques idées correspondent à de vraies niches .cop (police !), .pet (animaux), .square, .taxi, .zoo… La protection de l’enfance revient avec un .child et / ou un .teen. Un .sex est proposé alors que le .xxx a été moult fois rejeté par l’administration américaine…

Très peu d’élus en perspectives

Bref, c’est parfois du grand n’importe quoi. Voyez par vous même : .afr, .aus, .child, .col, .coll, .cop , .etc, .free, .game, .go, .nano, .pac, .paci, .pet, .planet, .pop, .port, .post, .pri, .pub, .reg, .root, .save, .sch, .school, .seal, .sec, .sell, .set, .sex, .shop, .sign, .soft, .sos, .sport, .spot, .spy, .square, .staff, .steam, .step, .ster, .tax, .taxi, .tech, .teen, .text, .top, .town, .trans, .uni, .univ, .ver, .vip, .vol, .vox, .wide, .win, .zip…

Bien-sur, moins d’une dizaine de dossiers seront finalement retenus et seulement quelques extensions verront le jour en 2008. Mais à ce rythme-là, les 300 extensions créées devraient être atteints avant 2010.