Attention aux vraies fausses extensions nationales !

Vous avez peut-être reçu de récentes offres pour enregistrer des noms de domaine en .CO.NL. La belle affaire, vous détenez déjà votre nom directement en .NL, la véritable extension néerlandaise. Cette « extension » n’a en fait rien d’officielle et ne vous propose rien d’autre qu’un sous-domaine du titulaire du nom de domaine .CO.NL. Explications sur un cas malheureusement non isolé.

L’autorité mondiale (Icann) qui attribue des extensions à des registres (ex : Afnic en France) laisse tout loisir à ces derniers pour convenir d’une charte de nommage. De nombreux pays proposent un accès direct à leur extension (.DE en Allemagne). D’autres proposent un mix d’extension du type .Extension et .CO.Extension. C’est le cas des .ES et .COM.ES pour l’Espagne, des .AT et .CO.AT pour l’Autriche, des .PL et .COM.PL pour la Pologne, des .CN et .COM.CN pour la Chine…. Enfin, certains pays offrent un accès uniquement à ce niveau : .CO.UK anglais, .CO.NZ néozélandais, .CO.ZA de l’Afrique du Sud…

Risque de confusion

Ces conventions de nommage disparates sont un risque de confusion pour l’internaute qui se perd dans les méandres des niveaux d’extensions. Plus grave, tous les pays ayant un accès direct à leur extension n’ont pas bloqué les noms de domaine du type CO.extension ou COM.extension. C’est exactement le cas néerlandais où un bureau d’enregistrement a enregistré le nom de domaine CO.NL et décide de commercialiser à la barbe du registre des Pays-Bas des sous domaines de son .CO.NL présenté astucieusement comme des noms de domaine « Your International Dutch Domain ». Le « registrar » joue également des conditions d’enregistrement restrictives du .NL (une présence locale est nécessaire, même si dans les faits, la majorité des bureaux d’enregistrement l’inclut dans leur offre commerciale). Ainsi le .CO.NL est ouvert à tous, pas comme ce « vilain » .NL (pourtant si dynamique : 3 millions de .NL pour 16 millions d’habitants, qui dit mieux ?). Astucieux, le « registrar » va même jusqu’à proposer une période d’enregistrement prioritaire ! Une « sunrise period », un classique dans le mode de lancement d’une extension.

Sous domaines pour extensions alternatives

Si l’on peut mettre des réserves sur les pratiques commerciales de ce bureau d’enregistrement, il a le droit d’agir ainsi et de commercialiser ces sous domaines Jusqu’à ce que le registre néerlandais coupe son nom de domaine pour risque de confusion ?

A un degré différent (c’est-à-dire une extension générique, le .COM), une autre société CentralNic joue déjà à proposer des extensions alternatives. Il propose le .UK.COM, le .RU.COM, a très bien vendu le .EU.COM avant l’arrivée du .EU. Ces sous domaines sont vendus à des clients parfois crédules ou tout simplement soucieux de protéger leurs marques. Les enregistrements proposés par ces sociétés n’étant pas dans des extensions officielles, ils échappent en grande partie aux procédures de résolution de litiges.

Partant du principe qu’il faut savoir dire « stop » à un moment donné, nous avons décidé de ne pas commercialiser sur notre site ce type d’extensions. Nos clients ont déjà bien assez à faire avec les extensions officielles. Attention à la contrefaçon !

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Suite à la parution de cet article nous avons reçu le droit de réponse de la société EURO DNS, que nous publions intégralement.

Monsieur,

L’article intitulé Attention aux extensions contrefaites publié sur votre site par Jean-François Poussard et repris en éditorial met en cause directement le service CO.NL que propose notre société, ce que vous n’ignorez pas. La longue liste d’inexactitudes et de contre-verités contenues dans l’exposé appelle plusieurs commentaires de notre part, nous exigeons donc d’exercer notre droit de réponse.

Particulièrement agressive, l’expression « contrefaite » du titre suggère que le service co.nl serait une contrefaçon de nom de domaine, comme si on pouvait faire une distinction de qualité entre deux adresses Internet l’une vraie, l’autre fausse. Pourtant, n’importe quel utilisateur peut se rendre à l’adresse http://domain.co.nl, de la même manière qu’à l’adresse http://preprod.safebrands.com ou même envoyer un e-mail à support@domain.co.nl … Et ce, depuis n’importe quel client ou navigateur sans plug-in ou adaptation particulière. Le propre d’un nom de domaine est d’être utilisé comme adresse Internet et c’est be1 et bien
ce que propose co.nl.

L’intertitre Risque de confusion continue de dénigrer notre service alors même que notre site affiche clairement qu’il n’y a aucun lien entre SIDN et CO.NL, que notre FAQ ex pose sans ambigüité aucune les différences entre les deux extensions. Contrairement à ce que vous sous-entendez, le nom de domaine co.nl a été enregistré en parfait accord avec SIDN et certainement pas « à la barbe du Registre  » comme vous osez le prétendre ! Ce dernier n’a par ailleurs absolument pas le pouvoir de «  couper (le) nom de domaine pour risque de confusion » contrairement à ce que vous indiquez.

Plus grave encore, c’est toute notre stratégie commerciale qui est critiquée au risque – dans le but ? – de faire fuir des clients potentiels. Ainsi, quoi que vous en pensiez, le vilain (sic !) Registre effectivement des conditions restrictives à l’enregistrement de .NL. Le fait que la pénétration locale de ce dynamique Registre soit plus importante que pour d’autres extensions ne change rien au problème, que vous niez sans doute à dessein. Ainsi, au début de votre article la phrase «  (co.nl) la belle affaire, vous détenez déjà votre nom directement en .NL » : CO.NL s’adresse justement à des clients n’ayant pas la possibilité d’enregistrer un .NL auprès de SIDN !

Conforme à l’ambition de notre société d’offrir la possibilité à l’ensemble de nos clients d’enregistrer des
noms de domaines où qu’ils le souhaitent et sans entrave, le CO.NL est une opportunité d’afficher clairement un lien avec les Pays-Bas sans requérir à un service spécifique. Loin de nous opposer au .NL, nous avons par ailleurs conçu la période « Grand-Father »- antérieure à la « Sunrise » – qui permet à tout titulaire de .NL d’obtenir directement un nom de domaine .CO.NL, ce que votre article passe intentionnellement sous silence.

Enfin, alors que le cybersquatting est un fléau de plus en plus répandu dans notre industrie, nous trouvons particulièrement inquiétant de voir qualifier nos potentiels clients de « crédules » ou même d’insinuer que le simple fait de n’être pas une extension « officielle » permet d’échapper aux procédures de résolution de litiges alors même que notre site indique sans équivoque qu’une procédure spécifique a été mise en place avec un des plus importants acteurs du secteur.

Plus généralement, cet article n’est malheureusement qu’un nouvel exemple de votre utilisation d’un soi-disant organe « d’information » pour critiquer vos concurrents. De quel droit mettre des réserves sur les pratiques commerciales de ce bureau d’enregistrement (sic !) ? Le fait que EuroDNS ne soit pas mentionné nommément dans l’article n’y change rien : toutes les informations sur le co.nl sont signées par notre société car, contrairement à d’autres, nous assumons nos actes et nos critiques sans nous parer d’une pseudo neutralité journalistique.

Compte tenu de l’audience qu’à déjà reçu votre article et sa place dans les moteurs de recherche, nous vous demandons instamment que le présent courrier soit repris sur la même page web que l’article en question, et ce pour toute la durée de publication de ce dernier ainsi que sur tout site l’ayant éventuellement repris à travers un accord d’affiliation.

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Commentaire de la rédaction.

Face à l’agressivité de cette réponse et aux accusations fausses, arguant d’une concurrence commerciale, qu’il contient et que nous regrettons et rejetons en bloc, nous maintenons notre position et réitérons l’avis que nous émettons dans cet article.

Nous considérons qu’un droit de réponse doit essentiellement s’attacher à émettre une réponse sur le fond et pas se prêter à des attaques de ce type et des procès d’intentions dont nous dénonçons la forme et le fond.

Nous constatons que le système de « joker » mise en place pour les sous-domaines du .co.nl fonctionne de façon à ce que auchan.co.nl, danone.co.nl, louisvuitton.co.nl, ou encore … mailclub.co.nl sont par défaut renvoyés sur une page parking et sont indiqués comme « étant encore disponible » et pouvant être enregistrés auprès d’un registrar du .co.nl… alors que leurs équivalents en .nl sont tous pris et exploités par ces marques. Nous laissons là aussi nos lecteurs juges de ce système, et les laissons rechercher des équivalents chez les registres officiels des cctlds.

Nous nous attachons depuis des années à informer nos lecteurs sur l’actualité des noms de domaine. Si attaquer nos concurrents était une ligne éditoriale, ou si le seul but était de promouvoir notre activité commerciale, il y a longtemps que nos lecteurs nous auraient désertés. Nous ne nous parons d’aucune prétendue « neutralité journalistique »… notre ambition est d’être utiles à nos lecteurs et les intéresser. Que certaines de nos opinions puissent rencontrer des oppositions ne nous pose aucun problème, c’est la vie de la liberté d’expression. Nous restons libres et continuerons à écrire ce que nous pensons, et remercions à l’occasion de ce droit de réponse nos milliers de lecteurs pour leur fidélité.

Nous laissons nos lecteurs seuls juges de cette ouverture de la commercialisation des sous domaines liés au domaine .co.nl. Au vu de nos arguments et de certains autres que d’autres professionnels des noms de domaine ont pu mettre en ligne ces jours-ci, et de ceux d’EuroDNS dans ce droit de réponse, ils pourront se forger leur intime conviction…