Arnaques estivales aux noms de domaine

Fausse facture de renouvellement de noms de domaine, pression psychologique pour enregistrer d’autres noms, confusion, tarifs prohibitifs, faux annuaire… Autant de pratiques litigieuses liées à vos noms de domaine désignées sous le terme « slamming ». Panorama de ces arnaques qui fleurissent durant les vacances des référents noms de domaine des sociétés.

Retour de vacances paisible, même si un millier d’emails vous attend dans votre boite aux lettres électronique. Première suée (malgré le climat sibérien du mois d’août) à la vue de multiples échanges entre vos jeunes collaborateurs en charge du suivi de vos dossiers au sujet d’un réabonnement d’un nom de domaine.
– « On a reçu une alerte de renouvellement d’un prestataire, c’est le nôtre ? »
– « Je ne sais pas, sûrement. Si non, comment aurait-il eu l’email de Gilbert ? (NDLR : Gilbert, c’est vous) »
– « Leur courrier indique que si on ne réabonne pas le nom, les services associés seront coupés, que fait-on ? »
– « Paye vite ! Imagine la tête de Gilbert, si le nom retombe dans le domaine public ; je ne te raconte pas le savon auquel on aurait droit ! »

Escroquerie au renouvellement de noms de domaine

Vous vous décomposez et comprenez rapidement que Domain Renewal, société immatriculée aux Seychelles, n’a rien à voir avec votre prestataire. Elle vous propose de renouveler automatiquement vos noms via un lien url qui renvoie vers le site pour 49,95 €, un tarif assez prohibitif sur le marché des .com. Comment une société peut effectuer le renouvellement d’un nom de domaine pour lequel elle n’est pas le bureau d’enregistrement ! Le seul moyen pour DomainRenewal de renouveler ce nom est d’en être le « registrar ». Vous comprenez que vos jeunes collaborateurs ont transféré votre nom de domaine à un tiers totalement inconnu.

Toute ressemblance avec des personnes existantes serait purement fortuite… Le spécialiste mondial des transferts frauduleux reste Domain Registry of America, qui excelle dans sa catégorie depuis déjà plusieurs années.

Enregistrez vos .eu… ou pas

Il n’empêche que cet été 2007 est un grand millésime en matière de slamming. Dès les premiers rayons de soleil (et oui, il y en a eu), l’EURid (l’organisme en charge des .eu) suspendait les noms de domaine enregistrés par EU ID Registry. Cette société a lancé une grande campagne d’emailing pour vendre des .eu aux titulaires de .com, en se faisant passer pour le registre en utilisant un logo similaire. Comprenez ses auteurs ; cet email avait pour « obligation de réduire les litiges sur la propriété des domaines et la perte de marques résultant du piratage de domaines ».

Un annuaire très cher

Si vous êtes titulaire de .FR, il y a de fortes chance pour que vous ayez reçu dès l’année dernière, un publipostage massif inondant votre boite aux lettres. Ces courriers émanent d’une société au nom quasi officiel de « Registre Internet Français » vous proposant de référencer votre adresse internet sur leur site pour 858 €… Après vérifications des coordonnées de l’envoyeur, on constate que le « Registre Internet français » est une société… allemande, basée à Hambourg. Cette firme allemande, au nom officiel de « DAD Deutscher Adressdienst Gmbh » a attaqué de nombreux autres pays tel que le marché canadien ou bien italien cet été. Le registre du .IT, tout comme précédemment le CIRA canadien, a immédiatement alerté les titulaires de ces noms de domaine pour les mettre en garde contre cette arnaque.

Chantage à l’enregistrement

Autre pratique, la pression psychologique pour enregistrer d’autres noms. Une société niçoise, reprenant dans son nom commercial des termes officiels comme France ou Internet sévit depuis plus d’un an pour réaliser des « ventes forcées », sous le chantage de dépôts équivalents proches. Plusieurs dizaines de lecteurs nous ont transmis la proposition par email de cette société… qui fait froid dans le dos. Après avoir été relancé deux fois dans le même après-midi par un commercial indélicat, vous recevez un email de ce type…

« Nous avons reçu une demande pour X noms de domaines internet quasi-identiques aux vôtres. Cela peut bien évidemment prêter à confusion pour votre image, selon le futur contenu des ces domaines. Notre politique éthique est de vérifier par principe si la société qui souhaite acquérir ces noms est celle qui possède les noms similaires existants. Dans le cas contraire nous contactons cette société afin de lui donner la possibilité de ne pas perdre l’exclusivité du nom de domaine. Si elle souhaite la conserver nous la considérons prioritaire ».

Le commercial renchérit que « pour des raisons évidentes de délais, nous ne pourrons conserver ces noms que durant quelques heures. Si l’acquisition de ces noms de domaines vous intéresse, merci de me contacter le plus rapidement ». Ce type d’arnaque repose sur la pression soumise à la société contactée, qui dans le doute, va acheter au prix fort les noms de domaine proposés (dans ce cas, 149 € pour un .fr !). Si il ne le fait pas, les noms de domaine sont dans la majorité des cas jamais réellement enregistrés.

Pour lutter contre ces fléaux, l’Afnic a prodigué dans un guide quelques conseils :
– Ne passez que par le bureau d’enregistrement auquel vous avez confié la gestion de ce nom – de domaine.
– Désignez une personne noms de domaine au sein de votre entreprise.
– Ne prenez aucune décision dans l’urgence.
– Faites une veille régulière sur l’actualité des noms de domaine.

Ainsi la rentrée ne vous réservera pas de mauvaises surprises !

Pour en savoir plus :
Retrouvez nos articles au sujet du slamming