Registrar, le messager des nouvelles extensions (et des mauvaises nouvelles…)

Voilà maintenant près de 3 ans que le programme des nouvelles extensions a été lancé par l’ICANN.

Beaucoup de nouvelles extensions ont vu le jour et ont offert aux entreprises une nouvelle façon de communiquer sur internet et de s’affranchir du carcan du .com et du .fr.

Par ailleurs, plusieurs grandes entreprises ont acquis leur propre extension afin, entre autre, d’avoir la maîtrise de leur communication digitale, tant auprès de leurs collaborateurs que de leurs clients.

Bien évidemment, ce « tsunami » que nous vivons depuis, n’est pas sans générer un certain mécontentement de la part des entreprises, car cela représente un coût supplémentaire non négligeable, d’autant plus important si elles choisissent de se positionner durant les périodes « sunrise » qui leurs sont ouvertes.

Enfin, certaines pratiques adoptées par des registres pour la sortie de leur extension ont accentué ce sentiment pour les marques d’être pris en otage. Deux exemples suffisent à illustrer cette situation :

  • Vox Populi (registre du .sucks), qui bloque des noms contenant des marques pour les vendre à un prix anormalement élevé qui peut représenter plus de dix fois ce qui est normalement pratiqué durant une période sunrise classique.
  • Donuts, qui libère a posteriori des noms contenant des marques, et instaure pour leur réservation une EAP de quelques jours qui aboutit à ce que si une marque ne veut prendre aucun risque de ne pas obtenir son domaine, elle devra débourser plus de 10.000 €.

Face à ces pratiques, que nous pouvons qualifier de « douteuses », la position d’un registrar, dont le rôle est de conseiller ses clients, est inconfortable car « personne n’aime le messager porteur de mauvaises nouvelles ».

L’activité de conseil implique forcément un devoir d’information auprès de ses clients, ce qui en aucun cas ne signifie une caution des pratiques de certains registres.

Au delà du conseil lié à l’intérêt marketing de l’acquisition d’un nom sous une extension, le conseil doit aussi et surtout aller sur le terrain de la protection juridique d’une marque, et c’est à ce titre que le client doit être informé du risque de voir sa marque utilisée sous une extension qui ne correspond pas à son activité et/ou qui pourrait l’associer à des termes dénigrants tels que .sucks, .porn etc.