L’Union Européenne plaide pour l’indépendance de l’Icann

La fin de l’accord liant le ministère du commerce américain à l’Icann le 1er octobre 2009 suscite l’intérêt de l’Union Européenne. La commissaire européenne en charge de ses questions souhaite totalement revoir la gestion actuelle des noms de domaine.

Pour Viviane Reding, commissaire européenne chargée de la Société de l’information et des médias, l’échéance du 1er octobre « est l’opportunité d’une privatisation complète de l’Icann et cela pose aussi la question de savoir à qui l’Icann devra rendre des comptes à partir du 1er octobre« .

Une gestion insatisfaisante

Elle rappelle que « les décisions clés telles que les domaines de haut niveau et la gestion du répertoire de l’Internet sont actuellement prises par l’ICANN, une entreprise privée à but non lucratif établie en Californie qui exerce ses activités dans le cadre d’un accord conclu avec le ministère américain du commerce« .

La situation actuelle ne la satisfait donc pas. « Il n’est pas défendable que le gouvernement d’un seul pays ait le contrôle d’Internet, utilisé par des centaines de millions de gens partout dans le monde« .

Elle estime que « la décision de l’administration Clinton de privatiser progressivement le système de gestion des noms de domaine et des adresses allait dans le bon sens« . Elle se dit « convaincue que le président Obama aura le courage, la sagesse et le respect de la nature mondiale de l’internet pour ouvrir la voie dès septembre à une nouvelle forme de gouvernance de l’internet, plus responsable, plus transparente, plus démocratique et plus multilatérale« .

Une manière également de limiter les cas abus, comme le .XXX finalement censuré (lire nos articles à ce sujet) par l’administration Bush.

G12 pour la gouvernance d’Internet

Viviane Reding appelle à la création d’un « G12 de l’internet », réunissant deux représentants d’Amérique du Nord, d’Amérique du Sud, d’Europe, d’Afrique et trois représentants d’Asie et d’Australie.

La suite des discussions sur l’avenir de l’Icann risque d’être animée. D’autant plus que son actuel président quitte ses fonctions le mois prochain tout en ayant amorcé durant son mandat la libéralisation des extensions !