Les mises au point du président de l’ICANN

Paul Twomey, président de l’ICANN, a été interviewé il y a quelques jours par le « San Francisco Chronicle ». Il revient sur tous les sujets qui fâchent (future gestion Icann, libéralisation des extensions, crise et noms de domaine…) et n’hésite pas à tacler ses adversaires. Un baroud d’honneur avant son départ de l’Icann en juin 2009 ?

Ainsi, Paul Twomey revient premièrement sur les propos de Viviane Reding à l’intention du président Obama. Il déclare que la position de cette dernière est « personnelle » et ajoute que, la création d’un « G12 » ne lui apparaît pas comme nécessaire. L’ICANN continuera donc pour l’instant de jouer son rôle…

Divers sujets ont été abordés, nous reprendrons ici les principales interrogations posées.

Les extensions IDN prévues en 2010

Quand-est ce que les nouvelles extensions en caractères internationalisés seront disponibles ?

Ces dernières devraient être disponibles lors du premier trimestre 2010. Mr Twomey précise que de nombreux pays ont souhaité participer au processus d’introduction accélérée. Ce sont des pays dont l’alphabet utilisé n’est pas latin, expliquant ainsi la priorité donnée à l’implémentation dans ces divers pays ou régions comme l’Asie, le Moyen Orient, l’Inde,…

Il poursuit en prenant l’exemple de la Russie ou cette implémentation est appuyée par le président et son premier ministre. En Chine également, le sujet atteint désormais les ministères et les conseils d’état.

Le but des travaux en cours est de permettre à chacun, quelque soit sa langue, de pouvoir naviguer le plus simplement possible. Mr Twomey met en exergue la dualité d’internet. Il faut qu’Internet autorise une utilisation à l’échelle mondiale ainsi que locale. C’est au niveau local que cette implémentation se situe, autorisant par exemple un commerçant à afficher sa présence dans sa ville/région ou à l’inverse, à un touriste chinois de pouvoir naviguer dans sa langue quelque soit son lieu de résidence.

Éviter le chaos face à la libéralisation des extensions

Sera-t-il possible de déposer n’importe quel terme comme extension ou, d’en user comme bon nous semble ?

La BBC a décrit cette libération comme offrant la possibilité à chacun de créer une extension avec quasiment n’importe quel terme ou, pour en faire presque tout ce que l’on veut. Mr Twomey nuance cette idée en ajoutant que c’est en effet le but recherché mais que, diverses réglementations existeront afin que le chaos soit évité. Protection des ayants droits, mécanismes d’objections, d’oppositions,… jalonneront le processus d’évaluation afin de garantir le respect des intérêts de chacun. Il sera également porté une attention particulière à d’autres considérations comme le respect des principes d’ordres publics et moraux étatiques.

A cet effet a été formulé le principe d’évaluation de ces questions par un juge de la cour d’arbitrage internationale, doté d’un mandat spécifique. Ces questions sont toujours discutées en concertation avec la communauté.

De quelle nature seront les demandes de création d’extensions ?

Il y a aujourd’hui environ 170 millions de noms de domaine. La moitié environ sont des extensions génériques. Il y aura forcément une première catégorie de demandes pour l’attribution d’extensions génériques mais, d’autres types d’extensions sont sollicités : Les extensions communautaires, les extensions basées sur une marque et enfin, les extensions internationalisées.
Mr Twomey précise que l’ICANN a été surpris par le nombre de personnes ayant manifesté un intérêt pour les extensions correspondant à une marque, les CorpTLD.

Icann made in USA

L’ICANN est elle victime de pressions visant à la destituer de son autorité ?

La réponse est catégoriquement oui. D’après Mr Twomey, les origines de l’ICANN ne peuvent être reniées mais, les divers débats en cours soulignent bien l’internationalisation des réflexions de l’ICANN dans l’élaboration de sa politique. Depuis 10 ans, les nombreux progrès réalisés démontrent l’intérêt de ce type de modèle de gestion. Pour lui, la seule alternative à ce système serait une gestion nationale des problématiques que personne ne désirerait réellement.
Malgré cela, de nombreux détracteurs perçoivent l’ICANN comme un relai de la politique étrangère des États-Unis, même si cela semble avoir évolué depuis les dernières élections présidentielles américaines. L’ICANN continuera dans tous les cas à entretenir d’étroites relations avec le ministère du commerce américain.

Les noms de domaine ne sont pas touchés par la crise

La crise s’étend-t- elle aux noms de domaine ?

L’ICANN s’attendait à ce que les extensions génériques connaissent un ralentissement mais, à ce que les extensions nationales continuent leur ascension. C’est entre autre pour cela qu’a été fixé le principe d’autorégulation des dépenses et revenus de l’ICANN, dans le cadre de la création des nouvelles extensions.
Mais, les chiffres continuent cependant à croitre quelque soit l’extension concernée. En cette période de crise, Internet semble être un outil d’autant plus utile…

Pour en savoir plus :
Le site Nouvelles-Extensions.com