Etes-vous titulaire de vos noms de domaine ?

Quelle question ! Vous me répondez bien-sûr et pourtant. De plus en plus de sociétés découvrent qu’elles ne sont finalement pas propriétaires de leurs propres adresses internet. Explications.

Cas le plus classique, l’agence internet que vous avez mandaté pour créer votre site web se charge également du dépôt du nom de domaine correspondant. Pratique, vous n’avez qu’un seul interlocuteur pour votre stratégie web, cette solution peut pourtant être pernicieuse.

En effet, la grande majorité des agences soustraite cette activité à un bureau d’enregistrement officiellement accrédité (« registrar »). Problème, la « web agency » s’inscrit comme propriétaire sur le « whois » (de l’anglais « qui est », véritable carte d’identité du nom de domaine).

Bloquer un client

Vous ne faites pas attention à cette donnée et lorsque vous vous en rendez compte il est souvent trop tard.
Au choix, l’agence dont vous n’êtes plus satisfait ne veut pas vous rendre le domaine et vous réclame des impayés. Elle peut aussi avoir tout simplement mis la clef sous la porte.
En six ans d’expérience dans les noms de domaine, j’ai vu un nombre incalculable de sociétés bloquées par des agences indélicates ou liquidées.

Cette pratique n’est pas généralisée à l’ensemble de la profession mais elle en discrédite un grand nombre. Petit tuyau, cela peut être un critère dans votre choix d’agence web. Posez-lui la question : « est-ce bien ma société qui est propriétaire des noms de domaine que vous vous chargez d’enregistrer ? ».

Payer à la sortie

Les « web agencies » ne sont pas les seules coupables. Certains bureaux d’enregistrement en font aussi des bonnes. Vous le savez, plusieurs extensions pays exigent une identification pour déposer un nom de domaine. Par exemple, l’Italie demande le numéro de TVA intracommunautaire de votre société. Dans un esprit de simplification, un « registrar » va donner son propre numéro de TVA intracommunautaire et non le votre. Il se retrouve ainsi titulaire du domaine que vous lui payez. C’est écrit noir sur blanc dans ses CGV. Rappelez-vous ! Les fameuses conditions générales de vente que vous avez accepté après les avoir lues scrupuleusement. Vous ne l’avez pas fait ? Quel dommage.

Pourquoi me direz-vous ? Lorsque vous allez décider de quitter ce « registar », c’est le titulaire du domaine qui devra accepter le transfert… Le serpent semble se mordre la queue. Heureusement, le prestataire a tout prévu. Il vous facture un changement de titulaire pour mettre le nom de domaine à votre pour une somme modique comme vous pouvez vous en douter…

Agences internet, bureaux d’enregistrement, qui d’autre me direz-vous ? Un petit mot sur les agences de communication ou de création de marques qui s’empressent de déposer les noms autour de votre projet. Pour vous les revendre ensuite si elles ne sont pas retenues ? L’ennemi est parfois si proche de vous.