Ces drôles d’extensions composées

Bizarrerie du nommage internet, certains noms de domaine se terminent par des extensions « composées » du suffixe national associé à un .COM ou un .CO. Cela donne un .COM.AR pour l’Argentine ou un .CO.UK pour le Royaume-Uni. Pour quelles raisons ?

Un choix national

Chaque extension est gérée par un registre qui édicte ses propres règles d’enregistrement. En France, c’est l’Association Française pour le Nommage Internet en Coopération (Afnic) qui édicte la charte de nommage de l’extension .FR. Le registre a également le pouvoir d’ouvrir son extension directement et / ou de rajouter un autre niveau d’accès. Il existe en France des « collectors » comme le .ASSO.FR ou le .COM.FR même si l’Afnic a entrepris un important ménage parmi ses extensions en début d’année (lire notre article à ce sujet).

Vous l’aurez compris, chaque registre fait un peu ce qu’il veut, même si des modes se dégagent. Le plus répandu est le .COM.PAYS. Cette écriture a régulièrement vocation à signifier le caractère commercial du titulaire, c’est-à-dire une société. De grands pays sont visibles presque uniquement sur cette combinaison comme le Brésil (.COM.BR) ou l’Australie (.COM.AU).

Des significations particulières

Parmi les autres extensions sectorielles, on retrouve souvent le .NET.PAYS et le .ORG.PAYS. Les trois extensions génériques les plus répandues au monde (.COM, .NET, .ORG) sont souvent inscrites dans le code génétique des extensions nationales.
Cependant, le nombre de possibilités varie fortement d’un pays à un autre. Il en existe plus de vingt en Hongrie comme .CASINO.HU, .FILM.HU, .FORUM.HU, .HOTEL.HU, .SEX.HU, .SPORT.HU ou .VIDEO.HU ! Vous ne me croyez pas ? Allez sur lovas.video.hu.
Certains pays se servent de leurs extensions pour distinguer des régions administratives. En Chine, il existe ainsi le .BJ.CN pour Pékin ou bien le .SH.CN pour Shanghai.

Vers une ouverture en direct

Bref, l’usage de ces extensions de second niveau est protéiforme mais sont-elles réellement utilisées ? Pas beaucoup, avouons-le. Sauf quand il s’agit de l’extension principale du pays. Surtout, les registres qui ne proposaient que du 2ième niveau ont tendance à ouvrir directement leur suffixe. Accessible uniquement .COM.CN jusqu’en 2003, la Chine a ensuite ouvert le .CN. En huit mois, le .CN dépassait le .COM.CN.

La grande mode de cette rentrée 2009 est l’accès direct des .PAYS. Colombie (.COM.CO vers .CO), Mexique (.COM.MX vers .MX) ou Tunisie (.COM.TN vers .TN) ouvrent progressivement leurs extensions. Les titulaires d’extensions « composées » ont souvent la priorité pour déposer leurs noms de domaine directement en .PAYS avant l’ouverture à tous.
J’espère que ces quelques lignes vous auront permis de comprendre ce qu’il se cache derrière ces écritures particulières. La vie des extensions évolue chaque jour, la suivre est devenu un métier !