tampon censurée

La censure du Net en Turquie

La censure du Net se poursuit et s’intensifie en Turquie. Le 27 avril dernier la Haute Instance de la Télécommunication (TIB) turque a annoncé l’interdiction de 138 mots clés sur Internet.
La TIB a adressé aux fournisseurs d’accès Internet ainsi qu’aux hébergeurs turcs la fameuse liste de mots à « bannir » dans laquelle figure des termes de la vie courante. Ainsi, à titre d’exemple, sont interdits les mots « sarisin » (blond), « sisman » (gros), « yasak » (interdit), « animal », « gay » ou encore les prénoms « Adrianne et Haydar », ou « pic » qui signifie « bâtard » en turc mais qui correspond également à l’abréviation du mot anglais « picture ».

Une liste justifiée par la protection de l’enfance

Cette mesure qui a pour objectif de lutter contre la pornographie porte essentiellement atteinte à la liberté d’expression. En effet, cette liste aura pour conséquence d’accroître le nombre de sites Internet censurés, et privera en conséquence les internautes turcs d’accéder à l’information.

Tout dépôt de nom de domaine dont le radical comprend un seul des mots blacklistés se verra refusé. Quant aux noms de domaine existants, leurs titulaires devront modifier les adresses conformément à la volonté du Gouvernement turc sous peine d’être supprimés.
Dans ce cadre, il convient de s’interroger sur les sanctions prévues par l’administration turque, qui n’ont pas été communiquées, à l’encontre des FAI et des hébergeurs qui ne supprimeraient pas les domaines contenant un mot « blacklisté ».

De vives réactions à l’encontre de la nouvelle mesure turque

Face à cette nouvelle mesure pour le moins effarante, de nombreux acteurs du monde de l’information n’ont pas tardé à s’élever contre la Turquie qui bloque d’ores et déjà plusieurs milliers de sites Internet jugés sensibles. Ainsi, le maître de conférence en droit à l’Université de Bilgi d’Istanbul « Yaman Akdeniz » a exigé de la TIB, au nom des principes fondamentaux de la Démocratie, l’accès aux informations et documents relatifs à l’élaboration de cette « liste noire ». L’organisation « Reporters Sans Frontières », qui appuie cette initiative, a quant à elle « listé » la Turquie parmi les ennemis de l’Internet.