L’évolution des relations registres/registrars

Si l’on faisait un parallèle entre producteurs de films et distributeurs de DVD et le marché des noms de domaine, on y retrouverait le duo Registre / Registrar. Le registrar étant en charge de revendre au client final l’extension du registre (ou Office d’enregistrement).

Ces dernières années ont vu un changement dans le comportement des offices vis à vis de leurs bureaux d’enregistrement. Une véritable relation client / fournisseur s’est instaurée, évoluant (en bien) à partir d’une relation organisme public / usager.

Est-ce un effet de la compétition entre les extensions ? La course au million, puis aux deux millions etc ? En tout cas les registres communiquent de plus en plus sur la satisfaction de leurs clients, les registrars. Etudes annuelles, études chiffrées, opérations de promotions conjointes et targets commerciales : la panoplie de la grande distribution s’applique en plein.

Espérons que nous ne tomberons pas dans les même excès, même si par moment la concentration du marché des registrars peut donner quelques sueurs froides aux porteurs de nouveaux projets. En effet, pour faire référencer son extension, un porteur de Tld aura un fort budget ‘relations commerciales’ à prévoir.

Telnic, le registre du .tel a communiqué avec les registrars mais a toujours estimé que ceux-ci n’avaient pas joué le jeu lors du lancement. Gmo registry, opérateur du .so n’a probablement pas lancé le .so que pour le bien de la Somalie. Mais aussi pour se tisser un réseau de registrars qui pourront distribuer ses futures extensions. L’Afnic s’affiche en opérateur technique pour les porteurs de projet et pourra s’appuyer sur son carnet de 800 prestataires. Il faut dire que le poids d’un Godaddy, et l’impact de son référencement (ou non) d’une extension est réel.

Ces mesures ont peut être aussi une autre origine, dont on parle peu : le contrat qui liera un opérateur technique pour une nouvelle extension, dont les termes sont en cours de négociation impliquera des niveaux de SLA très élevés. Sont concernées notamment la disponibilité du service de résolution, et également de la chaine d’enregistrement : pouvoir recevoir des demandes d’enregistrement et de modification 24/24, et les traiter sans délai, voici ce que demande l’Icann. Les Offices, jusqu’alors en position de monopole sur leurs extensions n’avaient pas peut être pas tous fait les efforts nécessaires et doivent parfois cravacher pour atteindre les paliers !

Le bénéficiaire dans tout cela, c’est le client : utilisateur ou registrar. Sauf si la qualité de service finale n’est pas proportionnelle à l’utilisation de l’extension. Est il utile de demander 100 % de disponibilité de la chaine d’enregistrement pour une extension qui viserait les 20 000 extensions ?

A suivre lors de la réunion Icann de San Francisco.